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2008/9/16 Mort de 49 bébés servant de cobayes : La vie a-t-elle un prix ?Près de cinquante bébés sont décédés depuis le 1er janvier 2006 à l'Institut des sciences médicales de New Dehli ; leur mort semble liée à des tests thérapeutiques effectués par divers laboratoires étrangers. Selon le journal The Times of India qui a rapporté les faits le 18 août, 4 142 bébés - dont 2 728 de moins d'un an - ont participé à ces tests L'Inde est un paradoxe quant à la protection de l'enfance qu'illustrent quelques exemples : dans ce pays les abus sexuels, plus généralement les violences, sur les enfants sont proportionnellement parmi les plus hauts. Cela jure avec les recommandations fédérales qui mettent au même niveau les insultes et les punitions corporelles infligées aux enfants(1). Entre la législation au sens large et la pratique administrative, il y a parfois un delta au pays du Gange. Mais outre la maltraitance, il y a aussi la sous-traitance des essais de médicaments : alors que le pays a ratifié et signé la Convention des droits de l'enfant, l'Inde est devenue pour les entreprises pharmaceutiques étrangères, le premier pays devant la Chine, concernant l'externalisation de leurs tests cliniques. Dans le cas de ces enfants-cobayes, il n'y a pas d'interdiction d'essais. Le ministre de la Santé vient seulement maintenant de s'engager à proposer un texte de loi et à règlementer ces tests. L'an passé, le gouvernement indien avait déposé un amendement visant à légaliser les tests de médicaments sur les patients indiens sans même que leur innocuité ne soit prouvée(2). Les firmes étrangères ont trouvé là un filon, et l'Etat indien une manne. Mais se pose la question de la clairvoyance du cobaye et de sa dignité. Est-il légitime de faire des tests dont les conséquences peuvent être létales sur des personnes mal informées, ou des bébés ? En amont, est-il légitime de prendre le risque de tuer même en cas de clairvoyance du patient ? Plus en deçà encore, quid de la disponibilité du corps humain et de son aliénation contre de l'argent ? Pour aller plus loin... Il est impossible de se voiler la face : le patient occidental profite des apports de la pharmacologie qui ont pu coûter à d'autres. Le reconnaître ne doit pas entraîner dans la trop manifeste et facile haine de soi de l'Occident. Là n'est pas le sujet. Il ne saurait non plus être tronqué à des fins tiers-mondistes véhiculant des fantasmes politiques : l'Inde applique les standards internationaux en matière de bioéthique. l'Indian Council of Medical Research mentionne diverses déclarations de principe ou sources de droit international qui lui servent de cadre, dès l'énonciation des grands principes quant aux essais cliniques, dans son « Guide d' éthique pour la recherche médicale sur des volontaires humains » (page 11 réelle du document)[3]. Par ailleurs, en Occident aussi les essais cliniques peuvent provoquer des drames comme en Grande-Bretagne en 2006. En revanche, il faut s'interroger sur le bien-fondé de ces pratiques de marchandisation de la vie de candidats, qui plus est, sous-informés. L'acception du risque de mourir Les laboratoires pharmaceutiques ont bien perçu l'un des potentiels de l'Inde : une main d'œuvre pas chère. La rentabilité y est assurée et l'échec ne risque pas de peser - au moins comparé aux chiffres de la responsabilité civile en Occident - des sommes colossales. En témoigne le drame de Bhopal, qui n'a coûté à la firme Union Carbide que 470 000 000 de dollars pour près de 30 000 morts. Le coût des tests est de 40% à 60% moins élevé que dans les pays riches. Dans une logique économique, il est davantage bénéfique d'externaliser les essais cliniques, mais sur le plan de l'éthique est-il justifiable de réaliser de tels essais que ce soit en Occident ou dans les pays en voie de développement ou non développés ? Premièrement, même si le droit peut autoriser le commerce du corps et de ses éléments, sur le plan de l'éthique nous choisirons de défendre une réponse négative, ne croyant pas que le corps est un bien mercantile : il participe de l'humanité d'une personne. Relevant de cette humanité, le corps ne peut être dans le commerce pour deux raisons : d'abord, nul ne peut chiffrer le coût de la vie (hors indemnisation en matière de responsabilité ; cependant là encore, il ne s'agit pas de donner un prix, mais une compensation pour une erreur qu'il faut bien réparer), pas même de la sienne ; ensuite, évaluer financièrement le coût de sa vie revient à évaluer le coût de chaque vie humaine, aucune n'étant supérieure à une autre. Monnayer son corps, c'est outrepasser le principe d'inaliénabilité commerciale de l'humanité. Faut-il dénoncer moralement ceux qui acceptent de subir des tests contre de l'argent ? Tous ces principes ne sont pas le plus urgent pour des personnes dans la nécessité, comme celles qui vendent leurs organes pour nourrir leur famille. Elles pèsent rapidement entre la valeur métaphysique de leur vie et leur maintien en vie : gloser ainsi s'apparenterait à de l'indécence. Cela n'empêche pas de soulever ces questions nécessaires et de défendre des principes. Si ces principes ne sont pas défendus, il n'y a pas d'armes morales pour condamner l'abus du malheur de ces gens et sans normes morales justes, il n'y a souvent pas de normes juridiques justes. Dans la présente affaire, ces bénéficiaires sont des firmes des pays riches et l'Etat indien, voire des parents sans scrupules. Pour l'Inde ce marché devrait peser deux milliards de dollars d'ici 2010. Cet Etat devrait protéger ses citoyens du mieux qu'il peut et non pas laisser les traiter comme des cochons d'Inde (des Andes) de laboratoire pour des gains financiers. N'est-ce pas à lui de défendre les siens, contre leur mise sur le marché, contre leur réduction à des moyens, et en amont contre les abus du consentement ? Secondement, si l'on se réfère à la pensée kantienne, il ne saurait être question d'utiliser l'être humain comme un moyen, qu'il approuve ou non d'être traité comme tel. L'accepterait-il, cela ne confèrerait pas le droit de valider son choix, nul ne pouvant aider autrui à se dégrader. Mais il pourrait être objecté à ce principe le mot de Péguy : « Kant a les mains pures parce qu'il n'a pas de mains ». Face aux drames de la vie, aux besoins de malades, à la nécessité de faire progresser la recherche médicale, la position kantienne peut sembler se réduire à une station assise dans fauteuil confortable sans conscience réelle de ce qu'est la vie. Mais si l'on accepte de regarder la pensée chrétienne en amont de toute cette métaphysique humaniste, il faut se demander si l'individu mérite d'être sacrifié pour sauver un plus grand nombre comme l'affirment ceux qui ne considèrent que les aspects numériques. Autrement dit, la vie d'une personne vaut-elle moins que celle de deux ? Ou la valeur humaine est-elle limitée ? Le parallèle avec la légitime défense d'une famille ou d'une nation pourrait sembler facile, sauf si l'on admet que cette légitime défense vise à protéger une famille ou une nation considérée comme un tout ontologique et non comme un agglomérat d'individus, pure donnée [et raison] numérique. A cette question, le christianisme répond par l'intangible et illimitée dignité humaine, donc par l'impossibilité de mettre dans la balance une vie face à deux vies. Le christianisme reconnaît la valeur du sacrifice spontané au bénéfice des autres : c'est sa genèse. Cependant, il y a une différence entre la spontanéité lucide et celle associée à un défaut de clairvoyance lié à une mauvaise information. Plus encore, si l'on peut dire, comment pourrait-on parler d'acceptation du risque par des bébés ? La question de la validité du consentement Les laboratoires négligent le très faible niveau scolaire des candidats aux tests cliniques. Si l'Inde progresse dans bien des domaines, notamment l'informatique, il reste que le niveau général est très faible. Il est difficile de croire que les entreprises ne se doutent pas que leurs cocontractants ne prennent pas la pleine mesure de ce à quoi ils s'engagent. Ces personnes sont également démunies, souvent - voire toujours peut-être - dépourvues de sécurité sociale. Ce sont là des conditions qui, réunies, vicient un consentement. Il y a de la part des firmes qui s'abstiennent de présenter les vices d'un contrat soit une faute de négligence, soit du dol. Les personnes qui acceptent de tester les médicaments le font parfois au motif que les tests sur les animaux ont été concluants et qu'il reste à les valider sur l'homme. Elles ignorent les conséquences des différences génétiques entre les mammifères : si l'être humain ne différait du cobaye de laboratoire, la prise de clamoxyl provoquerait des complications mortelles. Certains médicaments mis sur le marché, comme le Vioxx, semblent avoir obtenu trop rapidement un agrément ; que dire alors de la fiabilité de médicaments en cours d'essai, qui par définition, sont tout sauf sûrs ?(4) Proposer contre une rémunération relativement mirobolante des essais cliniques, qui dans l'esprit des candidats peu instruits riment peut-être avec soins, c'est dire à ces personnes qu'elles encourent un faible risque. Elles n'ont probablement pas, dans l'épreuve, assez de discernement pour évaluer les risques. Si l'Inde a ratifié et signé des déclarations internationales en matière de bioéthique, on ne peut nier que la pratique n'est pas claire et, de ce point de vue, on ne peut la mettre au même niveau que les tests en Occident ou au Japon. Le consentement d'un Indien sans éducation n'est souvent pas aussi éclairé que celui du ressortissant d'un pays riche qui, généralement, peut mieux s'informer. La question du consentement est encore plus flagrante, dans le cas présent, puisqu'il s'agit de bébés. Ce n'est pas parce que les entreprises occidentales délocalisent les essais cliniques dans un pays qui croit à la vie antérieure, qu'il faut faire comme si les bébés étaient conscients et consentants. Leurs parents consentent pour eux, sans se douter des éventuelles conséquences tant la crainte les prend. Sans parler de ceux qui les « prêtent » pour de l'argent. Les cyniques pourront affirmer que la mort de moins de 50 enfants sur 4 142 est un faible taux bien inférieur à celui de la mortalité infantile national (plus de 32‰)[5]. Les volontaristes concluront qu'il faut bien tenter de sauver la vie des enfants, au risque d'accidents. L'éventuelle première objection ne tient moralement pas ; la seconde mérite une réponse nuancée, laquelle visera les deux remarques. Le bébé n'ayant pas de discernement, le consentement des parents est normal : il leur est demandé parce qu'ils sont censés veiller à pourvoir du mieux possible à ses besoins. Ils acceptent, espérant le sauver, le risque de le perdre plutôt que l'inertie meurtrière. Mais entre la tentative de cure et les essais de produits chimiques il y a une différence. Elle se situe au niveau de l'intention : le but n'est pas en soi la guérison, mais l'étude des effets d'un produit chimique. Et si se justifier en disant que les progrès permettent, qu'il y ait échec ou non, d'améliorer les soins [dont ne profiteront pas les petits indiens qui n'auront pas eu la « chance » de bénéficier de tests au succès aléatoire] peut sembler juste, il s'agit d'une estimation ne prenant pas en compte la dignité du cobaye. L'hôpital où ont eu lieu les décès et l'un des laboratoires accusés se défendent : la plupart des bébés étaient déjà malades avant ces essais cliniques. Mais le problème n'est pas tant dans l'échec qu'affirment soulever les médias - car il est tout à fait possible que ces décès ne soient pas liés à ces tests - qu'ailleurs : il est d'ordre éthique. L'humain est une personne : on ne peut forcer son consentement ou, à défaut, celui de ses parents qui veulent son bien. La logique comptable importe peu : une mort à cause d'un essai clinique et non d'un véritable soin, c'est trop, et ce même s'il y a moins de morts chez les bébés-cobayes que dans le reste de la population. Il y a mort d'homme, qui plus est pour des raisons commerciales, ce qui rend le drame peut-être plus effroyable. Mais déjà en amont, même sans échec, la dignité humaine doit empêcher que l'homme vivant soit un simple corps sujet d'investigation pour des laboratoires. Et parce qu'il est homme, il a le droit de connaître les enjeux vitaux auxquels il prend part. L'enfant méprisé et considéré comme cobaye est finalement celui qui est le plus vivant entre ses prétendus médecins cupides et lui. Le poète indien, Tagore, avait refusé les honneurs de l'Empire pour dénoncer le mépris de la vie des Indiens suite à une sanglante répression. Il dénonçait également le système d'oppression des plus faibles promu par la société indienne elle-même. Ces mots de sa part peuvent aussi trouver à s'appliquer ici : « Les marchands naviguent, les gamins ramassent des galets et les rangent à loisir ; ils ne cherchent pas d'argent... »(6). Mais quoi de plus profond encore que ces mots du Christ à propos de l'innocence des enfants : « Le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.» ? (Jean Degert) CPDH - 01/09/08 (1) Même les « petits actes » sont réprimés si, cumulés, ils équivalent à de mauvais traitements. (2) S'agissait-il d'un règlement à l'amiable, entre le Sous-continent et un grand laboratoire, à l'issue d'un conflit judiciaire sur des droits de brevets perdu par ce dernier ? Si oui, le but était peut-être d'empêcher la fuite des investissements de ce dernier. (3) Les textes mentionnés sont la « Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme », la « Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme » et la « Déclaration internationale sur les données génétiques humaines ». (4) Cf. par exemple, Science et Avenir, décembre 2005. (5) Taux de mortalité infantile en sérieuse chute. (5) L'esquif d'or, Gallimard, 1997, p.61. Accoucher à 60 ans : La confusion entre la technique et la moraleDeux accouchements récents défraient la chronique biomédicale : deux femmes, l'une de 43 ans et l'autre de 59 ans, ont mis au monde des triplés après avoir bénéficié d'une assistance médicale à la procréation (AMP) au Vietnam et en Grèce(1). La première qui avait accouché est dans un coma profond depuis le 1er juin.
Si les deux histoires marquent les esprits, c'est en raison de l'âge très avancé de l'une des deux femmes et du sort dramatique de l'autre, et non en raison de la simple grossesse tardive située dans la quarantaine. Car il est de plus en plus fréquent de voir des femmes ménopausées avoir recours à l'aide médicale pour devenir mères. C'est la concrétisation de la rencontre du principe du droit à l'enfant et des progrès de la technique. Le renfort de la science permet à des femmes quadragénaires, voire quinquagénaires, de réaliser leur projet de maternité sans tenir compte des limites naturelles et des enjeux éthiques. Se posent bien des questions telles que la différence d'âge trop importante entre les parents et leurs enfants avec toutes les implications psychologiques et morales, ou encore le sort des embryons non sélectionnés et qui ne le seront jamais vu l'âge des mères. Sans parler des risques encourus par les fœtus (naissances prématurées, décès in utero ou juste après la naissance, etc.). N'y-a-t-il pas, par ailleurs, lieu de s'inquiéter de cette dérive technicienne qui érige en norme morale le potentiel créateur de la science ? Pour aller plus loin... Le droit à l'enfant et l'égoïsme dans la morale technicienne L'individu est de nos jours comme jamais vu tributaire de droits qu'il peut opposer à l'Etat et à la société, voire à la nature. Ces droits inscrits ou non selon les sociétés, font de plus en plus, au nom de la lutte contre les discriminations, l'objet de revendications dont certaines dépassent toutes les mesures de gravité. Ainsi en est-il du prétendu droit à l'euthanasie de ceux qui ne peuvent se suicider comme du contestable « droit à l'enfant » si cher à nos contemporains.
Le désir d'avoir un enfant est un désir tout à fait naturel et porté par quasiment toute personne. Il ne faut donc pas s'étonner si les personnes homosexuelles, des transsexuels ou des femmes ménopausées le connaissent. Il est autant ancré chez eux que chez les autres, car sans rapport avec les tendances ou l'âge pour qui n'est pas encore parent. Pour autant, un désir ne peut automatiquement être transcrit juridiquement car toute société se doit de fixer des bornes à ses sujets, notamment au nom du respect de l'autre. Cet autre peut être l'enfant à venir.
Un être sans existence ne peut être considéré comme un prochain pourrait-on objecter. Mais si le projet d'avoir un enfant se distingue du fait d'en porter un ou d'en mettre un au monde et de l'élever, il y a tout de même le choix de concevoir et mettre un jour au monde un individu. Sa virtualité n'exclut pas tout devoir moral à son bénéfice comme ne pas se droguer même avant sa conception. Même si une personne n'admet pas l'humanité de l'embryon, il reste indéniable que la simple décision de procréer a pour but de transmettre la vie. Les parents seraient-ils moralement dispensés de respecter leurs enfants déjà nés ou qu'ils souhaitent avoir ? L'assistance médicale à la procréation pose des problèmes de respect de l'enfant à venir.
Dans les deux cas de cette actualité, les enfants ont été conçus grâce à des dons d'ovocytes : leurs mères légales sont leurs mères porteuses sans lien génétique avec eux. Soit leurs parents leur en parlent un jour, avec tous les risques de troubles psychologiques liés à leur identité et à la quête de leurs origines qui pourront alors se poser. Soit ils se taisent, ce qui équivaut à leur mentir. Dans tous les cas, il y aurait à la base un manque de prise en compte de leur dignité d'homme. Dans le second cas, on ajouterait une faute à une faute déjà commise en amont. Le manque de respect est favorisé par la confusion entre le possible et le bien.
A l'ère de la technicité et de la redéfinition des valeurs, la conscience du bien et du mal a tendance à s'estomper : ce qui peut être techniquement réalisé est dans bien des domaines défendu comme moral. Depuis plusieurs décennies cette relecture de la morale a été justifiée par l'idée du bien commun. Désormais elle s'explique aussi par le prétendu droit de l'individu d'exiger ce qui lui procure du bien et de faire ce qu'il veut de son corps, même s'il porte un enfant. La question n'est plus le bien de l'enfant, mais la possibilité technique de satisfaire les envies des adultes. Si la science et la technique leur permettent d'accoucher à près de 60 ans, rien ne semble devoir s'y opposer. Mai 68 a placé l'individualisme sur le pinacle des vertus : c'est la valeur qui permet désormais de juger du bien et du mal, lesquelles conceptions deviennent relativistes du fait la multiplicité des individus. Il est de moins en moins acceptable, au terme des valeurs contemporaines de défendre des valeurs intangibles et universelles. S'y risquer est une profanation de la désormais sacro-sainte morale relativiste. Cela devient d'autant plus vrai dans le domaine de la procréation : les géniteurs, les mères porteuses parlent de leur droit à disposer de leurs corps et des produits de ces derniers. La seule objection morale est celle qu'ils peuvent opposer. Par exemple ne pas accepter tous les embryons conçus au cours de la fécondation in vitro pour ne pas mettre en danger la vie de la mère. La morale n'est plus métaphysique mais résulte de considérations pratiques relatives à chacun, ce qui ruine toute sa pertinence, son universalité et son intangibilité. Dès le moment où le techniquement possible devient la source de la morale, l'individualisme trouve un puissant vecteur pour explorer les limites de l'éthique et les franchir. Pourquoi s'encombrer de devoirs moraux envers l'autre si l'on est considéré comme créancier de toutes sortes de droits allant jusqu'à contrarier la nature qui serait discriminante ? Pourquoi se demander s'il est bon d'avoir un enfant à un âge avancé avec de grands risques qu'il soit assez tôt orphelin ? La personne à rendre heureuse n'est plus l'enfant, mais le géniteur. Qu'il choie l'enfant ne peut dissimuler cet égoïsme qui veut que l'enfant soit considéré comme un bien et non plus comme une personne. Si l'on pousse ce raisonnement égoïste et [donc] relativiste dans ses retranchements, on pourrait même admettre qu'une personne fasse une demande d'euthanasie, à réaliser quelques années après le dépôt du dossier, en même temps qu'elle entame des démarches d'adoption ou d'AMP. Certains prétendront en objection à tout ceci que décider mettre au monde un enfant handicapé est également de l'égoïsme et de l'irresponsabilité(2), mais c'est le même argument qui les condamne qui défend ce choix : un enfant pas encore né est une personne humaine et a droit au respect. Il ne peut être tué dans le ventre de sa mère parce que celle-ci supposerait que son handicap le rendrait malheureux, car personne ne peut juger de l'intérêt à vivre d'autrui ; il ne peut être livré sur commande via l'AMP comme simple bien familial, car il n'est pas un animal ou une plante décorative. La distinction se fait aussi sur cet autre point : dans le cas d'un enfant à naître dont on sait qu'il sera handicapé, la responsabilité morale des parents ne peut être engagée, car il n'y avait normalement pas de prise de risque. Par contre, les personnes qui bénéficient d'une assistance technique savent qu'à un certain âge elles font courir de sérieux risques à cet enfant. Au final, les parents ne peuvent légitimement - même si légalement bien des choses sont permises dans divers pays - jouer aux apprentis-dieux grimpant la « tour de scalpels » d'une certaine biomédecine. Si l'enfant - et non les parents - reste le centre du projet parental, il y a fort à parier que ses géniteurs n'ont pas l'idée de le concevoir après une vie professionnelle assez bien remplie, car ils savent distinguer entre le droit de l'enfant à des parents et le prétendu droit des parents à un enfant. Reconnaître le droit de l'enfant à avoir des parents, c'est éviter des conceptions hasardeuses au mépris des lois de la nature. Malheureusement, ces conceptions médicalement assistées risquent de devenir de plus en plus fréquentes avec le recul de l'âge de la première grossesse.
La discrimination est de nos jours le grand mal dénoncé par les promoteurs de la philosophie du droit opposable. Or si la discrimination peut être une injustice, elle peut aussi simplement valider une situation logique et/ou naturelle : une personne atteinte de nanisme ne pourrait postuler à un corps d'élite dans l'armée, pas plus qu'un aveugle ne saurait exiger de piloter une Formule 1. De la même manière, une personne ménopausée a atteint un âge qui l'empêche d'avoir des enfants. Si la nature est considérée comme discriminante, il n'est pas étonnant de voir le recours aux aides médicales augmenter comme si on pouvait lui opposer des droits. Alors même que l'on insiste sur le respect de l'environnement et que l'on se préoccupe du sort de la planète, ne serait-il pas cohérent que l'on veille aussi à respecter le centre de la Création, l'homme à qui Dieu a confié la gestion de la Terre ? (Jean Degert) CPDH - 09/09/08 (1) L'AMP est autorisée en France jusqu'à l'âge de 48 ans, ce qui explique le recours à un don de gamètes à l'étranger pour la femme de 59 ans. Quant au remboursement de l'acte par la Sécurité sociale, il se fait jusqu'à 43 ans. (2) Le risque existe même que pour des raisons budgétaires, la Sécurité sociale pénalise les parents qui accepteraient d'avoir un enfant handicapé. Les nouveautés en matière de dépistage présentent de sérieux risques éthiques. 2007/10/25 Témoignages de personnes ayant gardé leur bébé.Témoignages de
grossesses menées à terme
source : www.30anscasuffit.com - le site 2007/10/23 La Conventiontexte adapté aux enfants
LE TEXTEArticle 1 : définition de l'enfant
2) Les États aboliront (supprimeront) les pratiques traditionnelles dangereuses pour la santé des enfants (par exemple l'excision des petites filles).
3) Les États doivent adopter des lois et des procédures adaptées à ton âge ; Article 42 : La diffusion des droits 2007/8/14 textes diversLe Serment de GenèveAprès la seconde guerre mondiale, le Serment de Genève, à prononcer par tout nouveau médecin, a été adopté en 1948 par l'Assemblée générale de l'association Médicale Mondiale. La déclaration d'Oslo (1970), de la même association, confirme cette phrase comme "le premier principe de morale imposé à un médecin". La Déclaration des Droits de l'EnfantLa Déclaration des Droits de l'Enfant a été adoptée à l'unanimité le 20 novembre 1959 par L'Assemblée générale des Nations Unies. La Charte Européenne des Droits de l'EnfantCette charte stipule expressément, dans la Recommandation numéro 874 (article VI a), adoptée le 4 octobre 1979 par l'Assemblée du Conseil de l'Europe : "Le droit de chaque enfant à la vie, au logement, à une nourriture convenable et à un environnement adéquat dès le moment de la conception devrait être reconnu et les gouvernements nationaux devraie nt tout mettre en oeuvre pour permettre l'application intégrale de ces droits." La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'HommeSignée par la France le 4 novembre 1950, publiée par décret le 3 mai 1974, elle déclare, dans son article 2 : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement sauf en cas d'execution d'une sentence capitale." La recommandation sur l'utilisation d'embryon et de foetus humainsDans sa recommandation 1046 du 24 septembre 1986 (point 10) sur l'utilisation d'embryons et de foetus humains, l'Assemblée du Conseil de l'Europe déclare : "L'embryon et le foetus humain doivent bénéficier en toute circonstance du respect d\endash à la dignité humaine." Les fondements bibliques du respect de la viePremier livre imprimé, à la fin du XVéme siècle, la Bible demeure aujourd'hui - et de loin!- le livre le plus traduit et le plus diffusé au monde. L'aide qu'un tel livre peut nous apporter pour nous orienter dans les difficiles questions du respect de la vie ne peut être que déterminante. Les premiers mots de La Bible sont les plus significatifs à ce sujet. Celle-ci nous dit, en effet : "Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre." Ces chartes et ces institutions ne font que confirmer ce que nous dit la Bible : d'une part, la loi morale transcende absolument les subjectivités individuelles; d'autre part, il y aura un jugement : tout homme devra un jour rendre compte à Dieu de la manière dont il a ou non respecté sa Loi. Quant à savoir si l'enfant à naître peut être considéré comme un "prochain", c'est-à-dire si son humanité est reconnue et si sa personne est donc inviolable de droit, la Bible est d'une parfaite clarté sur ce point. De nombreux textes affirment que l'enfant en gestation est sous le regard de Dieu et que cette gestation même est l'oeuvre du Créateur souverain. |
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