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日志


2008/9/16

Mort de 49 bébés servant de cobayes : La vie a-t-elle un prix ?

Près de cinquante bébés sont décédés depuis le 1er janvier 2006 à l'Institut des sciences médicales de New Dehli ; leur mort semble liée à des tests thérapeutiques effectués par divers laboratoires étrangers. Selon le journal The Times of India qui a rapporté les faits le 18 août, 4 142 bébés - dont 2 728 de moins d'un an - ont participé à ces tests

L'Inde est un paradoxe quant à la protection de l'enfance qu'illustrent quelques exemples : dans ce pays les abus sexuels, plus généralement les violences, sur les enfants sont proportionnellement parmi les plus hauts. Cela jure avec les recommandations fédérales qui mettent au même niveau les insultes et les punitions corporelles infligées aux enfants(1). Entre la législation au sens large et la pratique administrative, il y a parfois un delta au pays du Gange. Mais outre la maltraitance, il y a aussi la sous-traitance des essais de médicaments : alors que le pays a ratifié et signé la Convention des droits de l'enfant, l'Inde est devenue pour les entreprises pharmaceutiques étrangères, le premier pays devant la Chine, concernant l'externalisation de leurs tests cliniques. Dans le cas de ces enfants-cobayes, il n'y a pas d'interdiction d'essais. Le ministre de la Santé vient seulement maintenant de s'engager à proposer un texte de loi et à règlementer ces tests.

L'an passé, le gouvernement indien avait déposé un amendement visant à légaliser les tests de médicaments sur les patients indiens sans même que leur innocuité ne soit prouvée(2). Les firmes étrangères ont trouvé là un filon, et l'Etat indien une manne. Mais se pose la question de la clairvoyance du cobaye et de sa dignité. Est-il légitime de faire des tests dont les conséquences peuvent être létales sur des personnes mal informées, ou des bébés ? En amont, est-il légitime de prendre le risque de tuer même en cas de clairvoyance du patient ? Plus en deçà encore, quid de la disponibilité du corps humain et de son aliénation contre de l'argent ?

Pour aller plus loin...

Il est impossible de se voiler la face : le patient occidental profite des apports de la pharmacologie qui ont pu coûter à d'autres. Le reconnaître ne doit pas entraîner dans la trop manifeste et facile haine de soi de l'Occident. Là n'est pas le sujet. Il ne saurait non plus être tronqué à des fins tiers-mondistes véhiculant des fantasmes politiques : l'Inde applique les standards internationaux en matière de bioéthique. l'Indian Council of Medical Research mentionne diverses déclarations de principe ou sources de droit international qui lui servent de cadre, dès l'énonciation des grands principes quant aux essais cliniques, dans son « Guide d' éthique pour la recherche médicale sur des volontaires humains » (page 11 réelle du document)[3]. Par ailleurs, en Occident aussi les essais cliniques peuvent provoquer des drames comme en Grande-Bretagne en 2006. En revanche, il faut s'interroger sur le bien-fondé de ces pratiques de marchandisation de la vie de candidats, qui plus est, sous-informés.

L'acception du risque de mourir

Les laboratoires pharmaceutiques ont bien perçu l'un des potentiels de l'Inde : une main d'œuvre pas chère. La rentabilité y est assurée et l'échec ne risque pas de peser - au moins comparé aux chiffres de la responsabilité civile en Occident - des sommes colossales. En témoigne le drame de Bhopal, qui n'a coûté à la firme Union Carbide que 470 000 000 de dollars pour près de 30 000 morts. Le coût des tests est de 40% à 60% moins élevé que dans les pays riches. Dans une logique économique, il est davantage bénéfique d'externaliser les essais cliniques, mais sur le plan de l'éthique est-il justifiable de réaliser de tels essais que ce soit en Occident ou dans les pays en voie de développement ou non développés ?

Premièrement, même si le droit peut autoriser le commerce du corps et de ses éléments, sur le plan de l'éthique nous choisirons de défendre une réponse négative, ne croyant pas que le corps est un bien mercantile : il participe de l'humanité d'une personne. Relevant de cette humanité, le corps ne peut être dans le commerce pour deux raisons : d'abord, nul ne peut chiffrer le coût de la vie (hors indemnisation en matière de responsabilité ; cependant là encore, il ne s'agit pas de donner un prix, mais une compensation pour une erreur qu'il faut bien réparer), pas même de la sienne ; ensuite, évaluer financièrement le coût de sa vie revient à évaluer le coût de chaque vie humaine, aucune n'étant supérieure à une autre. Monnayer son corps, c'est outrepasser le principe d'inaliénabilité commerciale de l'humanité.

Faut-il dénoncer moralement ceux qui acceptent de subir des tests contre de l'argent ? Tous ces principes ne sont pas le plus urgent pour des personnes dans la nécessité, comme celles qui vendent leurs organes pour nourrir leur famille. Elles pèsent rapidement entre la valeur métaphysique de leur vie et leur maintien en vie : gloser ainsi s'apparenterait à de l'indécence. Cela n'empêche pas de soulever ces questions nécessaires et de défendre des principes. Si ces principes ne sont pas défendus, il n'y a pas d'armes morales pour condamner l'abus du malheur de ces gens et sans normes morales justes, il n'y a souvent pas de normes juridiques justes. Dans la présente affaire, ces bénéficiaires sont des firmes des pays riches et l'Etat indien, voire des parents sans scrupules. Pour l'Inde ce marché devrait peser deux milliards de dollars d'ici 2010. Cet Etat devrait protéger ses citoyens du mieux qu'il peut et non pas laisser les traiter comme des cochons d'Inde (des Andes) de laboratoire pour des gains financiers. N'est-ce pas à lui de défendre les siens, contre leur mise sur le marché, contre leur réduction à des moyens, et en amont contre les abus du consentement ?

Secondement, si l'on se réfère à la pensée kantienne, il ne saurait être question d'utiliser l'être humain comme un moyen, qu'il approuve ou non d'être traité comme tel. L'accepterait-il, cela ne confèrerait pas le droit de valider son choix, nul ne pouvant aider autrui à se dégrader. Mais il pourrait être objecté à ce principe le mot de Péguy : « Kant a les mains pures parce qu'il n'a pas de mains ». Face aux drames de la vie, aux besoins de malades, à la nécessité de faire progresser la recherche médicale, la position kantienne peut sembler se réduire à une station assise dans fauteuil confortable sans conscience réelle de ce qu'est la vie. Mais si l'on accepte de regarder la pensée chrétienne en amont de toute cette métaphysique humaniste, il faut se demander si l'individu mérite d'être sacrifié pour sauver un plus grand nombre comme l'affirment ceux qui ne considèrent que les aspects numériques. Autrement dit, la vie d'une personne vaut-elle moins que celle de deux ? Ou la valeur humaine est-elle limitée ? Le parallèle avec la légitime défense d'une famille ou d'une nation pourrait sembler facile, sauf si l'on admet que cette légitime défense vise à protéger une famille ou une nation considérée comme un tout ontologique et non comme un agglomérat d'individus, pure donnée [et raison] numérique. A cette question, le christianisme répond par l'intangible et illimitée dignité humaine, donc par l'impossibilité de mettre dans la balance une vie face à deux vies.

Le christianisme reconnaît la valeur du sacrifice spontané au bénéfice des autres : c'est sa genèse. Cependant, il y a une différence entre la spontanéité lucide et celle associée à un défaut de clairvoyance lié à une mauvaise information. Plus encore, si l'on peut dire, comment pourrait-on parler d'acceptation du risque par des bébés ?

La question de la validité du consentement

Les laboratoires négligent le très faible niveau scolaire des candidats aux tests cliniques. Si l'Inde progresse dans bien des domaines, notamment l'informatique, il reste que le niveau général est très faible. Il est difficile de croire que les entreprises ne se doutent pas que leurs cocontractants ne prennent pas la pleine mesure de ce à quoi ils s'engagent. Ces personnes sont également démunies, souvent - voire toujours peut-être - dépourvues de sécurité sociale. Ce sont là des conditions qui, réunies, vicient un consentement. Il y a de la part des firmes qui s'abstiennent de présenter les vices d'un contrat soit une faute de négligence, soit du dol.

Les personnes qui acceptent de tester les médicaments le font parfois au motif que les tests sur les animaux ont été concluants et qu'il reste à les valider sur l'homme. Elles ignorent les conséquences des différences génétiques entre les mammifères : si l'être humain ne différait du cobaye de laboratoire, la prise de clamoxyl provoquerait des complications mortelles. Certains médicaments mis sur le marché, comme le Vioxx, semblent avoir obtenu trop rapidement un agrément ; que dire alors de la fiabilité de médicaments en cours d'essai, qui par définition, sont tout sauf sûrs ?(4)

Proposer contre une rémunération relativement mirobolante des essais cliniques, qui dans l'esprit des candidats peu instruits riment peut-être avec soins, c'est dire à ces personnes qu'elles encourent un faible risque. Elles n'ont probablement pas, dans l'épreuve, assez de discernement pour évaluer les risques. Si l'Inde a ratifié et signé des déclarations internationales en matière de bioéthique, on ne peut nier que la pratique n'est pas claire et, de ce point de vue, on ne peut la mettre au même niveau que les tests en Occident ou au Japon. Le consentement d'un Indien sans éducation n'est souvent pas aussi éclairé que celui du ressortissant d'un pays riche qui, généralement, peut mieux s'informer.

La question du consentement est encore plus flagrante, dans le cas présent, puisqu'il s'agit de bébés. Ce n'est pas parce que les entreprises occidentales délocalisent les essais cliniques dans un pays qui croit à la vie antérieure, qu'il faut faire comme si les bébés étaient conscients et consentants. Leurs parents consentent pour eux, sans se douter des éventuelles conséquences tant la crainte les prend. Sans parler de ceux qui les « prêtent » pour de l'argent.

Les cyniques pourront affirmer que la mort de moins de 50 enfants sur 4 142 est un faible taux bien inférieur à celui de la mortalité infantile national (plus de 32‰)[5]. Les volontaristes concluront qu'il faut bien tenter de sauver la vie des enfants, au risque d'accidents. L'éventuelle première objection ne tient moralement pas ; la seconde mérite une réponse nuancée, laquelle visera les deux remarques.

Le bébé n'ayant pas de discernement, le consentement des parents est normal : il leur est demandé parce qu'ils sont censés veiller à pourvoir du mieux possible à ses besoins. Ils acceptent, espérant le sauver, le risque de le perdre plutôt que l'inertie meurtrière. Mais entre la tentative de cure et les essais de produits chimiques il y a une différence. Elle se situe au niveau de l'intention : le but n'est pas en soi la guérison, mais l'étude des effets d'un produit chimique. Et si se justifier en disant que les progrès permettent, qu'il y ait échec ou non, d'améliorer les soins [dont ne profiteront pas les petits indiens qui n'auront pas eu la « chance » de bénéficier de tests au succès aléatoire] peut sembler juste, il s'agit d'une estimation ne prenant pas en compte la dignité du cobaye.

L'hôpital où ont eu lieu les décès et l'un des laboratoires accusés se défendent : la plupart des bébés étaient déjà malades avant ces essais cliniques. Mais le problème n'est pas tant dans l'échec qu'affirment soulever les médias - car il est tout à fait possible que ces décès ne soient pas liés à ces tests - qu'ailleurs : il est d'ordre éthique. L'humain est une personne : on ne peut forcer son consentement ou, à défaut, celui de ses parents qui veulent son bien. La logique comptable importe peu : une mort à cause d'un essai clinique et non d'un véritable soin, c'est trop, et ce même s'il y a moins de morts chez les bébés-cobayes que dans le reste de la population. Il y a mort d'homme, qui plus est pour des raisons commerciales, ce qui rend le drame peut-être plus effroyable. Mais déjà en amont, même sans échec, la dignité humaine doit empêcher que l'homme vivant soit un simple corps sujet d'investigation pour des laboratoires. Et parce qu'il est homme, il a le droit de connaître les enjeux vitaux auxquels il prend part.

L'enfant méprisé et considéré comme cobaye est finalement celui qui est le plus vivant entre ses prétendus médecins cupides et lui. Le poète indien, Tagore, avait refusé les honneurs de l'Empire pour dénoncer le mépris de la vie des Indiens suite à une sanglante répression. Il dénonçait également le système d'oppression des plus faibles promu par la société indienne elle-même. Ces mots de sa part peuvent aussi trouver à s'appliquer ici : « Les marchands naviguent, les gamins ramassent des galets et les rangent à loisir ; ils ne cherchent pas d'argent... »(6). Mais quoi de plus profond encore que ces mots du Christ à propos de l'innocence des enfants : « Le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.» ?

(Jean Degert) CPDH - 01/09/08

(1) Même les « petits actes » sont réprimés si, cumulés, ils équivalent à de mauvais traitements.

(2) S'agissait-il d'un règlement à l'amiable, entre le Sous-continent et un grand laboratoire, à l'issue d'un conflit judiciaire sur des droits de brevets perdu par ce dernier ? Si oui, le but était peut-être d'empêcher la fuite des investissements de ce dernier.

(3) Les textes mentionnés sont la « Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme », la « Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme » et la « Déclaration internationale sur les données génétiques humaines ».

(4) Cf. par exemple, Science et Avenir, décembre 2005.

(5) Taux de mortalité infantile en sérieuse chute.

(5) L'esquif d'or, Gallimard, 1997, p.61.

Accoucher à 60 ans : La confusion entre la technique et la morale

Deux accouchements récents défraient la chronique biomédicale : deux femmes, l'une de 43 ans et l'autre de 59 ans, ont mis au monde des triplés après avoir bénéficié d'une assistance médicale à la procréation (AMP) au Vietnam et en Grèce(1). La première qui avait accouché est dans un coma profond depuis le 1er juin.

Si les deux histoires marquent les esprits, c'est en raison de l'âge très avancé de l'une des deux femmes et du sort dramatique de l'autre, et non en raison de la simple grossesse tardive située dans la quarantaine. Car il est de plus en plus fréquent de voir des femmes ménopausées avoir recours à l'aide médicale pour devenir mères. C'est la concrétisation de la rencontre du principe du droit à l'enfant et des progrès de la technique. Le renfort de la science permet à des femmes quadragénaires, voire quinquagénaires, de réaliser leur projet de maternité sans tenir compte des limites naturelles et des enjeux éthiques.

Se posent bien des questions telles que la différence d'âge trop importante entre les parents et leurs enfants avec toutes les implications psychologiques et morales, ou encore le sort des embryons non sélectionnés et qui ne le seront jamais vu l'âge des mères. Sans parler des risques encourus par les fœtus (naissances prématurées, décès in utero ou juste après la naissance, etc.). N'y-a-t-il pas, par ailleurs, lieu de s'inquiéter de cette dérive technicienne qui érige en norme morale le potentiel créateur de la science ?

Pour aller plus loin...

Le droit à l'enfant et l'égoïsme dans la morale technicienne

L'individu est de nos jours comme jamais vu tributaire de droits qu'il peut opposer à l'Etat et à la société, voire à la nature. Ces droits inscrits ou non selon les sociétés, font de plus en plus, au nom de la lutte contre les discriminations, l'objet de revendications dont certaines dépassent toutes les mesures de gravité. Ainsi en est-il du prétendu droit à l'euthanasie de ceux qui ne peuvent se suicider comme du contestable « droit à l'enfant » si cher à nos contemporains.

Le désir d'avoir un enfant est un désir tout à fait naturel et porté par quasiment toute personne. Il ne faut donc pas s'étonner si les personnes homosexuelles, des transsexuels ou des femmes ménopausées le connaissent. Il est autant ancré chez eux que chez les autres, car sans rapport avec les tendances ou l'âge pour qui n'est pas encore parent. Pour autant, un désir ne peut automatiquement être transcrit juridiquement car toute société se doit de fixer des bornes à ses sujets, notamment au nom du respect de l'autre. Cet autre peut être l'enfant à venir.

Un être sans existence ne peut être considéré comme un prochain pourrait-on objecter. Mais si le projet d'avoir un enfant se distingue du fait d'en porter un ou d'en mettre un au monde et de l'élever, il y a tout de même le choix de concevoir et mettre un jour au monde un individu. Sa virtualité n'exclut pas tout devoir moral à son bénéfice comme ne pas se droguer même avant sa conception. Même si une personne n'admet pas l'humanité de l'embryon, il reste indéniable que la simple décision de procréer a pour but de transmettre la vie. Les parents seraient-ils moralement dispensés de respecter leurs enfants déjà nés ou qu'ils souhaitent avoir ? L'assistance médicale à la procréation pose des problèmes de respect de l'enfant à venir.

Dans les deux cas de cette actualité, les enfants ont été conçus grâce à des dons d'ovocytes : leurs mères légales sont leurs mères porteuses sans lien génétique avec eux. Soit leurs parents leur en parlent un jour, avec tous les risques de troubles psychologiques liés à leur identité et à la quête de leurs origines qui pourront alors se poser. Soit ils se taisent, ce qui équivaut à leur mentir. Dans tous les cas, il y aurait à la base un manque de prise en compte de leur dignité d'homme. Dans le second cas, on ajouterait une faute à une faute déjà commise en amont. Le manque de respect est favorisé par la confusion entre le possible et le bien.

A l'ère de la technicité et de la redéfinition des valeurs, la conscience du bien et du mal a tendance à s'estomper : ce qui peut être techniquement réalisé est dans bien des domaines défendu comme moral. Depuis plusieurs décennies cette relecture de la morale a été justifiée par l'idée du bien commun. Désormais elle s'explique aussi par le prétendu droit de l'individu d'exiger ce qui lui procure du bien et de faire ce qu'il veut de son corps, même s'il porte un enfant. La question n'est plus le bien de l'enfant, mais la possibilité technique de satisfaire les envies des adultes. Si la science et la technique leur permettent d'accoucher à près de 60 ans, rien ne semble devoir s'y opposer. Mai 68 a placé l'individualisme sur le pinacle des vertus : c'est la valeur qui permet désormais de juger du bien et du mal, lesquelles conceptions deviennent relativistes du fait la multiplicité des individus. Il est de moins en moins acceptable, au terme des valeurs contemporaines de défendre des valeurs intangibles et universelles. S'y risquer est une profanation de la désormais sacro-sainte morale relativiste. Cela devient d'autant plus vrai dans le domaine de la procréation : les géniteurs, les mères porteuses parlent de leur droit à disposer de leurs corps et des produits de ces derniers. La seule objection morale est celle qu'ils peuvent opposer. Par exemple ne pas accepter tous les embryons conçus au cours de la fécondation in vitro pour ne pas mettre en danger la vie de la mère. La morale n'est plus métaphysique mais résulte de considérations pratiques relatives à chacun, ce qui ruine toute sa pertinence, son universalité et son intangibilité.

Dès le moment où le techniquement possible devient la source de la morale, l'individualisme trouve un puissant vecteur pour explorer les limites de l'éthique et les franchir. Pourquoi s'encombrer de devoirs moraux envers l'autre si l'on est considéré comme créancier de toutes sortes de droits allant jusqu'à contrarier la nature qui serait discriminante ? Pourquoi se demander s'il est bon d'avoir un enfant à un âge avancé avec de grands risques qu'il soit assez tôt orphelin ? La personne à rendre heureuse n'est plus l'enfant, mais le géniteur. Qu'il choie l'enfant ne peut dissimuler cet égoïsme qui veut que l'enfant soit considéré comme un bien et non plus comme une personne. Si l'on pousse ce raisonnement égoïste et [donc] relativiste dans ses retranchements, on pourrait même admettre qu'une personne fasse une demande d'euthanasie, à réaliser quelques années après le dépôt du dossier, en même temps qu'elle entame des démarches d'adoption ou d'AMP.

Certains prétendront en objection à tout ceci que décider mettre au monde un enfant handicapé est également de l'égoïsme et de l'irresponsabilité(2), mais c'est le même argument qui les condamne qui défend ce choix : un enfant pas encore né est une personne humaine et a droit au respect. Il ne peut être tué dans le ventre de sa mère parce que celle-ci supposerait que son handicap le rendrait malheureux, car personne ne peut juger de l'intérêt à vivre d'autrui ; il ne peut être livré sur commande via l'AMP comme simple bien familial, car il n'est pas un animal ou une plante décorative. La distinction se fait aussi sur cet autre point : dans le cas d'un enfant à naître dont on sait qu'il sera handicapé, la responsabilité morale des parents ne peut être engagée, car il n'y avait normalement pas de prise de risque. Par contre, les personnes qui bénéficient d'une assistance technique savent qu'à un certain âge elles font courir de sérieux risques à cet enfant.

Au final, les parents ne peuvent légitimement - même si légalement bien des choses sont permises dans divers pays - jouer aux apprentis-dieux grimpant la « tour de scalpels » d'une certaine biomédecine. Si l'enfant - et non les parents - reste le centre du projet parental, il y a fort à parier que ses géniteurs n'ont pas l'idée de le concevoir après une vie professionnelle assez bien remplie, car ils savent distinguer entre le droit de l'enfant à des parents et le prétendu droit des parents à un enfant. Reconnaître le droit de l'enfant à avoir des parents, c'est éviter des conceptions hasardeuses au mépris des lois de la nature. Malheureusement, ces conceptions médicalement assistées risquent de devenir de plus en plus fréquentes avec le recul de l'âge de la première grossesse.

La discrimination est de nos jours le grand mal dénoncé par les promoteurs de la philosophie du droit opposable. Or si la discrimination peut être une injustice, elle peut aussi simplement valider une situation logique et/ou naturelle : une personne atteinte de nanisme ne pourrait postuler à un corps d'élite dans l'armée, pas plus qu'un aveugle ne saurait exiger de piloter une Formule 1. De la même manière, une personne ménopausée a atteint un âge qui l'empêche d'avoir des enfants. Si la nature est considérée comme discriminante, il n'est pas étonnant de voir le recours aux aides médicales augmenter comme si on pouvait lui opposer des droits.

Alors même que l'on insiste sur le respect de l'environnement et que l'on se préoccupe du sort de la planète, ne serait-il pas cohérent que l'on veille aussi à respecter le centre de la Création, l'homme à qui Dieu a confié la gestion de la Terre ?

(Jean Degert) CPDH - 09/09/08

(1) L'AMP est autorisée en France jusqu'à l'âge de 48 ans, ce qui explique le recours à un don de gamètes à l'étranger pour la femme de 59 ans. Quant au remboursement de l'acte par la Sécurité sociale, il se fait jusqu'à 43 ans.

(2) Le risque existe même que pour des raisons budgétaires, la Sécurité sociale pénalise les parents qui accepteraient d'avoir un enfant handicapé. Les nouveautés en matière de dépistage présentent de sérieux risques éthiques.

2007/10/25

Témoignages de personnes ayant gardé leur bébé.

Témoignages de
grossesses menées à terme

« Carole, 33 ans, institutrice dans le Val d’Oise, maman d’Adrienne, 16 ans, et de Mathias, 13 ans : « J’ai rencontré mon futur mari, François, quand j’avais 15 ans. Nous sommes toujours ensemble. A 17 ans, je suis tombée enceinte. Lui voulait des enfants depuis toujours. Moi, je n’aimais pas ça. Mais quand c’est arrivé, je l’ai accepté comme une fusion de l’amour. Il n’a jamais été question d’IVG. (…)
A trois mois de grossesse, j’ai attendu que ma grand-mère soit à la maison pour l’annoncer à ma mère, qui m’a eue à 17 ans. Elle pensait que j’avais fait la même erreur et voulait que je me fasse avorter. J’ai refusé.
Quand Adrienne est née, avec François, on a tout stoppé, sorties et autres. On se suffisait l’un à l’autre. Avant, j’avais une vie assez morose et je n’en attendais pas grand-chose. Adrienne m’a donné une raison de vivre.
J’ai eu mon deuxième enfant, Mathias, à 19 ans. Six mois plus tard, j’ai repris mes études… Ce sont mes enfants qui m’ont donné envie de m’y remettre.
Aujourd’hui, Adrienne a seize ans. J’ai, avec elle, les rapports excellents que je n’ai pas eus avec ma mère. Et, quand ses copines ont peur d’être enceintes, c’est moi qui les aide. Elles sont trop mal informées. Moi, personne ne m’avait aidée non plus. (…) »
France Soir, « une fusion de l’amour »


Blandine avait trente-cinq ans quand elle s’est retrouvée enceinte de Claude. « Quand on me l’a annoncé, j’ai éclaté de rire. Enceinte, moi ? Impossible ! Médicalement incorrect : les médecins avaient été formels, j’avais un problème de trompes (…) ». La grossesse confirmée, Blandine doit décider vite car les délais pour l’IVG sont presque atteints. « Tout étais contre moi. Je vivais seule, je venais d’être licenciée de mon travail, mes parents habitaient à l’étranger et je menais une vie déréglée : sorties, copains, nuits blanches… C’est d’ailleurs au cours d’une nuit torride et particulièrement arrosée que Claude a été conçu. Et bien, j’ai fait le choix déraisonnable ! » Du coup, elle se retrouve dans une situation embarrassante. (…) En mettant fin à l’angoisse de la stérilité, cette grossesse impromptue termine aussi un rythme de vie échevelé et destructeur. « Je sentais que Claude allait donner un sens à ma vie. Je n’ai pas été déçue. » (…) « Aujourd’hui, je réalise que j’ai fait quelque chose de fou ! Mais ça m’a donné l’énergie de me battre. J’ai trouvé un travail à mi-temps, je mène une vie structurée, même si je continue à sortir de temps en temps, et mes voisines m’aident pour garder Claude. Au lieu de végéter dans mon coin, j’ai recréé une vie communautaire. »
Questions de Femmes


« Je voulais un enfant depuis l’âge de 14 ans. J’ai rencontré Christophe à l’hôpital. Il était là pour la même raison que moi : une tentative de suicide. On a fait l’amour et je suis tombée enceinte à 17 ans. Quand je l’ai su, je me suis demandé un quart de seconde comment j’allais assumer ce bébé, mais j’étais folle de joie. Lui m’a dit : « Bon, on va se débrouiller. » Puis, il a flippé. Sa mère et lui m’ont demandé d’avorter. Pas question. Moi qui n’avais plus envie de vivre, je me suis mise à péter la forme du jour au lendemain. Mon fils Eric m’a donné la foi pour m’accrocher et reprendre les études. Ce que je ne supporte plus, c’est le regard des passants dans la rue. On vit dans une société qui n’accepte pas les différences, comme si on n’avait pas le droit de donner la vie sous prétexte qu’on est jeune. Moi, je sui fière d’avoir un enfant (…) »
Nouvel Observateur, Lorianne - 18 ans


« Quand j’ai annoncé à ma petite sœur que j’attendais un enfant, elle m’a répondu : « Une gamine de 16 ans, ça peut pas avoir de bébé. » Moi non plus, je n’y croyais pas, jusqu’au jour où j’ai senti quelque chose bouger dans mon ventre. J’ai découvert que j’étais enceinte de cinq mois. Je n’ai rien vu venir, parce que j’avais encore des saignements. J’avais fait l’amour une seule fois sans précaution. Le plus dur a été d’en parler à ma mère, j’avais l’impression de la trahir. Mon copain m’a quittée. J’ai dû assumer seule, mais je me sentais forte. Avant, je ne m’aimais pas, je ne me trouvais pas jolie. Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis là. J’ai repris les cours par correspondance, j’ai rencontré un homme un mois après la naissance de mon fils, c’est le père idéal. C’est incroyable le chemin que j’ai parcouru (…). »
Nouvel Observateur, Amélie -16 ans

source : www.30anscasuffit.com - le site

2007/10/23

La Convention

texte adapté aux enfants

LE TEXTE

Article 1 : définition de l'enfant
La convention te concerne si tu as moins de 18 ans
(sauf si ton pays t'accorde la majorité plus tôt).

Article 2 : Tu as droit à la non-discrimination
Tous les droits énoncés par la Convention doivent t'être accordés ainsi qu'à tous les autres enfants, filles et garçons, quelle que soit leur origine ou celle de leur parents. Les États s'engagent à ne pas violer tes droits et à les faire respecter pour tous les enfants.

Article 3 : Tu as droit au bien-être
1) Toutes les décisions qui te concernent doivent tenir compte de ton intérêt.
2) L' État doit te protéger et assurer ton bien-être si tes parents ne peuvent le faire.
3) L' État est responsable des institutions
(école, police, justice...) chargées de t'aider et de te protéger.

Article 4 : Tu as droit à l'exercice de tes droits
L' État doit faire le nécessaire pour que tu puisses exercer tous les droits qui te sont reconnus par cette Convention.

Article 5 : Tu as droit au développement de tes capacités
L' État doit respecter le droit et le devoir de tes parents d'assurer le développement de tes capacités.

Article 6 : Tu as droit à la vie et au développement
1) Comme tout enfant, tu as droit à la vie
2) L' État doit assurer ta survie et ton développement.

Article 7 : Tu as droit à un nom et une nationalité
1) Dès ta naissance, tu as droit à un nom et à une nationalité. Tu as le droit de connaître tes parents et d'être élevé(e) par eux.
2) Les États doivent respecter cela, même si tu es apatride
(sans pays).

Article 8 : Tu as droit à la protection de ton identité
L' État doit te protéger et, le cas échéant, t'aider à conserver ton identité, ta nationalité, ton nom et tes relations familiales.

Article 9 : Tu as le droit de vivre avec tes parents
1) Tu as le droit de vivre avec tes parents, sauf si cela est contraire à ton intérêt
(si tes parents te maltraitent ou te négligent par exemple).
2) Tu as le droit de donner ton avis et de participer à toute décision concernant une éventuelle séparation de tes parents. Ils ont aussi le droit de donner leur avis et de participer à une telle décision.
3) Si tu es séparé de tes deux parents, ou de l'un d'eux, tu as le droit de les - ou de le - voir régulièrement, sauf si cela est contraire à ton intérêt.
4) Tu as le droit de savoir où se trouvent tes parents, - s'ils sont, par exemple, détenus
(en prison) ou exilés (partis dans un autre pays) - sauf si cela est contraire à ton intérêt.

Article 10 : Tu as le droit à retrouver ta famille
1) Tu as le droit de quitter un pays et d'entrer dans un autre pour retrouver tes parents. Tes parents ont le même droit.
2) Si tu habites dans un autre pays que tes parents, tu as le droit d'avoir des contacts réguliers avec eux. Tu as le droit de les rejoindre.


Article 11 : Tu as droit à la liberté de déplacement
1) Personne ne peut t'enlever de ton pays ou s'opposer
(ne pas être d'accord) à ton retour dans ton pays.
2) Les États doivent trouver des solutions à ce sujet.


Article 12 : Tu as droit à la liberté d'opinion
1) Dès que tu en es capable, tu as le droit de donner ton avis à propos de tout ce qui te concerne.
2) Les États doivent te garantir
(ils sont obligés) ce droit.

Article 13 : Tu as droit à la liberté d'expression
1) Tu as le droit à la liberté d'expression, tu as le droit de recevoir et de répandre des informations.
2) Il y a cependant des limites à ta liberté d'expression :

- tu dois respecter les droits et la réputation des autres;
- tu ne peux pas mettre la société en danger.

Article 14 : Tu as droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion
1) Tu as droit à la liberté de pensée et de conscience
, tu peux pratiquer une religion.
2) Tes parents ont le droit et le devoir de te guider dans l'exercice de ce droit, en fonction de tes capacités.
3) Ta liberté de pratiquer une religion et de manifester tes convictions
(ce que tu penses) a des limites :
- tu dois respecter les libertés et les droits des autres;
- tu ne peux pas mettre la société en danger.

Article 15 : Tu as droit à la liberté d'association
1) Tu as le droit de t'associer à d'autres personnes et de participer à des réunions.
2) Ta liberté de réunion et d'association a des limites :
- tu dois respecter les libertés et les droits des autres;
- tu ne peux pas mettre la société en danger.

Article 16 : Tu as le droit à la protection de ta vie privée
1) Personne ne peut illégalement
(en dehors de la loi) intervenir dans ta vie ou celle de ta famille. Ton domicile (là où tu habites), ta correspondance (ton courrier) sont également protégés. Il en est de même pour ton honneur (ta morale) et ta réputation (ce que pensent les autres de toi).
2) La loi doit te protéger sur ces différents points.


Article 17 : Tu as droit à l'information
Tu as le droit de recevoir une information
(médias) diversifiée (de toute sorte) et objective (pas déformée). En particulier, cette information élargira ta culture (tes connaissances) et assurera ta santé physique et mentale.
Les États encourageront les médias
(radios, télévisions, journaux..) à te présenter des informations qui te seront utiles, qui favoriseront (aideront) ta connaissance et ta compréhension des autres cultures. Ils encourageront la production de livres pour les enfants. L'information te sera communiquée dans ta langue, même si elle est minoritaire (par exemple le Français est minoritaire par rapport à l'Anglais au Canada). L' État doit te protéger contre les informations qui pourraient te nuire (te faire du mal).

Article 18 : La responsabilité de tes parents
1) Ce sont tes parents ou leurs représentants légaux qui ont la responsabilité de t'élever et d'assurer ton développement.
2) L' État doit aider tes parents dans cette mission en créant des institutions et des services chargés de veiller à ton bien-être.
3) Si tes parents travaillent tous les deux, l' État doit les aider plus particulièrement.


Article 19 : Tu as le droit d'être protégé contre les mauvais traitements
1) L' État doit te protéger contre toutes les formes de violence et de brutalités physiques ou mentales. Il doit te protéger contre l'abandon, la négligence, les mauvais traitements, l'exploitation et la violence sexuelle, que tu sois sous la garde de tes parents ou toute autre personne.
2) L' État fera en sorte que de telles situations ne se produisent pas. Si cela devait cependant arriver, il devrait s'occuper de toi.


Article 20 : Tu as le droit à une protection même si tu n'as pas de famille
1) Si tu n'as plus de famille, l'État doit te protéger et t'aider.
2) L' État te donnera une protection de remplacement.
3) Cette protection devra tenir compte de ton passé et de ta culture.


Article 21 : Tu as droit à l'adoption
L'adoption ne peut-être autorisée que dans ton intérêt.
a- Elle ne peut se faire sans le consentement
(l'accord) des personnes qui sont responsables de toi.
b- Elle peut se faire dans un autre pays que le tien, si c'est la meilleure solution pour toi.
c- Il doit t'être accordé les mêmes droits que si tu avais été adopté dans ton pays d'origine.
d- Les personnes qui t'adopteront ne pourront tirer aucun profit matériel
(par exemple gagner de l'argent) de cette adoption.
e- Les États prendront accord pour que ton adoption se fasse, avec l'accord des autorités, par des organismes compétents.


Article 22 : Les droits de l'enfant réfugié
1) Tu as le droit d'être considéré comme réfugié. Tu seras protégé par le droit international
(lois communes à tous les pays), que tu sois seul, accompagné de tes parents ou d'autres adultes.
2) Les États et les organisations internationales
(l'UNICEF par exemple) devront t'aider si tu es dans une telle situation. Ils devront t'aider à retrouver tes parents, ta famille. Si ta famille ne peut être retrouvée, tu seras protégé et tes droits seront reconnus.

Article 23 : Les droits de l'enfant handicapé
1) Si tu es handicapé mentalement ou physiquement, tu as le droit de mener une vie décente
(la meilleure possible) dans la dignité pour parvenir à un maximum d'autonomie (faire le maximum de choses tout seul). Tu dois pouvoir participer à la vie de la collectivité (par exemple : déplacements sans problème si tu es en fauteuil roulant).
2) Les États doivent te reconnaître, ainsi qu'à tous les enfants handicapés, le droit de bénéficier de soins spéciaux. Si nécessaire, une aide supplémentaire sera accordée à tes parents ou aux personnes qui te gardent.
3) Cette aide sera, si nécessaire, gratuite afin de t'assurer le droit à l'éducation, à la formation, à la santé, à la rééducation, à l'emploi, aux loisirs, à l'intégration sociale
(ne pas rester isolé), ainsi qu'à l'épanouissement personnel (être mieux mentalement).
4) Les États échangeront toutes les informations utiles pour aider les enfants handicapés. Les pays en développement
(les plus pauvres) seront particulièrement aidés.

Article 24 : Tu as droit à la santé et aux services médicaux
1) Les États assureront en priorité :

  • la réduction de la mortalité infantile;
  • le développement de soins primaires;
  • le développement de soins préventifs (éviter la maladie) et la lutte contre la malnutrition (la faim) ;
  • le développement de l'aide aux mamans, avant et après l'accouchement (la naissance) ;
  • le développement de l'information sur la santé, la nutrition (façon de se nourrir) et l'hygiène (la propreté) ;
  • le développement de la planification familiale.

2) Les États aboliront (supprimeront) les pratiques traditionnelles dangereuses pour la santé des enfants (par exemple l'excision des petites filles).

Article 25 : Tu as droit à la révision de ton placement
Les États te reconnaissent, en cas de placement - et quelle que soit la raison de ton placement - le droit à un examen périodique
(souvent) de l'évolution de ta situation.

Article 26 : Tu as droit à la sécurité sociale
1) Tu as le droit de bénéficier
(d'avoir) de la sécurité sociale. Les États doivent te garantir ce droit.
2) Les États doivent t'aider en fonction de ta situation et de celle des personnes responsables de toi.

Article 27 : Tu as droit à un niveau de vie décent
1) Tu as le droit à un niveau de vie décent. Tu dois pouvoir te développer normalement sur le plan physique, mental, spirituel, moral et social.
2) Ce sont d'abord tes parents qui sont responsables de ton développement.
3) Si nécessaire, les États devront aider tes parents ou les personnes responsables de toi. Ils accorderont la priorité à l'alimentation, à l'habillement et au logement.
4) Les États te garantissent le droit à la pension alimentaire. Les États s'organiseront pour t'assurer ce droit, où que tu sois.


Article 28 : Tu as droit à l'éducation
1) Les États te reconnaissent le droit à l'éducation, sur la base du principe de l'égalité des chances. Pour cela :
a) tu dois pouvoir fréquenter gratuitement l'enseignement primaire. Cet enseignement est obligatoire ;
b) tu as le droit d'accéder à l'enseignement secondaire. Il doit être gratuit, sinon, des aides doivent t'être accordées ;
c) l'enseignement supérieur t'es également accessible ;
d) tu as le droit à une orientation scolaire et professionnelle ;
e) tout doit être fait pour t'encourager à fréquenter l'école.
2) La discipline scolaire doit respecter tes droits et ta dignité.
3) Les États doivent coopérer
(travailler ensemble) pour éliminer l'ignorance et l'analphabétisme (absence d'instruction) dans le monde et pour développer l'accès aux connaissances scientifiques et techniques. Les pays en développement doivent être aidés.

Article 29 : Les objectifs de ton éducation
Ton éducation doit viser à :
a) épanouir ta personnalité et tes potentialités
(capacités) ;
b) t'inculquer
(te faire comprendre) le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales (les plus importantes) ;
c) t'inculquer le respect de ta culture d'origine et d'adoption ;
d) te préparer à assumer
(prendre) tes responsabilités dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité et d'amitié entre tous ;
e) t'inculquer le respect du milieu naturel
(l'environnement).

Article 30 : Les droits des enfants de minorités ou de populations autochtones (*)
Même si tu appartiens à une minorité ethnique
(petit peuple), religieuse ou linguistique (qui parle une langue peu connue), tu as le droit d'avoir ta vie culturelle, de pratiquer ta religion - si tu en as une - et d'utiliser la langue de ton groupe.
(*) Personnes qui habitent dans le pays depuis toujours (exemple les Aborigènes d'Australie)

Article 31 : Tu as droit aux loisirs
1) Tu as le droit au repos, aux loisirs, au jeu, aux activités récréatives. Tu as le droit de participer librement aux activités artistiques et culturelles.
2) Les États doivent protéger ce droit et encourageront toutes les initiatives favorisant le développement de ce droit.

Article 32 : Tu as droit à la protection contre l'exploitation
1) Tu dois être protégé contre l'exploitation. Tu ne peux accomplir de travail dangereux ou nuisant à ton éducation, à ta santé et ton développement.
2) Les États prendront toutes les mesures nécessaires pour te protéger :
a- ils fixeront un âge minimum à partir duquel tu pourras travailler
(en France par exemple l'âge minimum est de 16 ans) ;
b- ils établiront des règlements concernant les heures et les conditions de travail
(c'est le cas par exemple, toujours en France, pour les enfants artistes) ;
c- ils puniront ceux qui ne respecteront pas ces règles.

Article 33 : Tu as droit à la protection contre la drogue
Les États prendront toutes les mesures nécessaires pour te protéger de toutes les drogues. Ils empêcheront que tu sois utilisé dans la production et le trafic de drogue.

Article 34 : Tu as droit à la protection contre l'exploitation sexuelle
Tu as le droit d'être protégé contre toutes les formes d'exploitation ou de violences sexuelles. Les États prendront toutes les mesures nécessaires pour que :
- tu ne sois pas incité(e)
(qu'on te donne envie) ou contraint (que tu sois obligé(e)) à te livrer à une activité sexuelle illégale ;
- tu ne sois pas exploité(e) à des fins de prostitution ;
- tu ne sois pas exploité(e) dans des productions pornographiques
(films et photos).

Article 35 : Tu as droit à la protection contre la vente
Tu ne peux être enlevé ou vendu. Aucun commerce d'enfant ne peut être organisé.

Article 36 : Tu as le droit à la protection contre les autres formes d'exploitation
Tu dois également être protégé contre toutes les autres formes d'exploitation
(utilisation de toi à des fins commerciales par exemple).

Article 37 : Tu as droit à la protection contre la torture et la privation de liberté
1) Tu ne peux pas être soumis à la torture ou à une peine cruelle, dégradante. Tu ne peux pas être exécuté
(tué après une condamnation à mort) ou emprisonné à vie.
2) Tu ne peux pas être arrêté arbitrairement
(sans raison). Ta détention (la prison) doit être la dernière solution possible. Elle doit être aussi courte que possible.
3) Si tu es privé de ta liberté
(mis en prison), tu dois être traité humainement et avec le respect de ta dignité d'être humain. Il doit être tenu compte des besoins de ton âge. Tu seras séparé des adultes. Tu auras le droit de rester en contact avec ta famille (sauf cas exceptionnels dans ton intérêt).
4) Si tu es privé de liberté, tu as droit à diverses formes d'assistance. Tu as le droit de contester
(dire que tu n'es pas d'accord) les raisons de ton enfermement devant un tribunal. Toutes les décisions qui concernent ta privation de liberté doivent se prendre dans les meilleurs délais (le plus vite possible).

Article 38 : Tu as droit à la protection en cas de conflits armés (guerres)
1) En cas de conflit, les États doivent te protéger par le respect des règles du droit humanitaire international.
2) Si tu as moins de 15 ans, les États doivent éviter que tu participes directement aux hostilités
(que tu fasses la guerre).
3) Si tu as moins de 15 ans, tu ne peux pas être enrôlé(e)
(recruté(e)) dans une armée. Si les États incorporent (font rentrer à l'armée) des jeunes de 15 à 18 ans, ils doivent en priorité enrôler les plus âgés.
4) Si tu es concerné par un conflit armé, les États ont l'obligation de te protéger et de te soigner.

Article 39 : Tu as droit à la réadaptation et à la réinsertion
Les États doivent t'aider à te réadapter et à te réinsérer socialement
(t'aider à retrouver une vie normale), si tu as été victime de négligence, d'exploitation, de sévices, de tortures ou de toute autre forme de traitements cruels.

Article 40 : La justice et les droits des mineurs
1) Si tu es suspecté ou reconnu coupable d'avoir commis un délit
(vol, crime...), tes droits fondamentaux doivent être respectés. Il doit être tenu compte de ton âge et tout doit être fait pour que tu réintègres la société.
2) Pour cela les États devront veiller :
    a) à ce que tu ne sois pas accusé injustement;
    b) à ce que tu bénéficies de garanties telles que :

  • être présumé(e) innocent(e) jusqu'à preuve du contraire (penser que tu peux être innocent jusqu'à ce qu'on te déclare coupable dans un tribunal)
  • être informé(e) des accusations portées contre toi
  • avoir un procès juste et équitable, qui tienne compte de ton âge et de ton intérêt
  • avoir droit à une procédure qui tienne compte de ton âge,
  • avoir la possibilité d'aller en appel (refaire le procès);
  • te faire assister par un avocat
  • te faire assister, si nécessaire, d'un interprète (un traducteur),
  • avoir droit au respect de ta vie privée.

3) Les États doivent adopter des lois et des procédures adaptées à ton âge ;
En particulier, ils devront :
    a- définir l'âge en dessous duquel on ne pourra pas considérer que tu enfreins la loi
(que tu  commets un délit),
    b- prendre des mesures pour s'occuper de toi, sans devoir passer par la voie de la justice, en respectant bien sûr tous tes droits.
4) Les États doivent organiser un système d'encadrement et d'éducation pour assurer ton bien-être, en fonction de ta situation et de l'infraction
(le délit) que tu as commise.

Article 41 : Tu as droit à la protection la plus favorable
Si la loi en vigueur dans ton pays t'est plus favorable
(si elle est meilleure) que le texte de la présente Convention, c'est la loi la plus favorable de ton pays qui doit être appliquée.

Article 42 : La diffusion des droits
Les Etats doivent faire connaître le texte de cette Convention aussi bien aux adultes qu'aux enfants


2007/8/14

textes divers

 

Le Serment de Genève

Après la seconde guerre mondiale, le Serment de Genève, à prononcer par tout nouveau médecin, a été adopté en 1948 par l'Assemblée générale de l'association Médicale Mondiale.
Un des articles de ce serment est : "Je garderai le respect absolu de la vie humaine, dès sa conception."

La déclaration d'Oslo (1970), de la même association, confirme cette phrase comme "le premier principe de morale imposé à un médecin".

La Déclaration des Droits de l'Enfant

La Déclaration des Droits de l'Enfant a été adoptée à l'unanimité le 20 novembre 1959 par L'Assemblée générale des Nations Unies.
On peut y lire dans son préambule : "L'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d'une protection juridique appropriée, avant comme après sa naissance. "

La Charte Européenne des Droits de l'Enfant

Cette charte stipule expressément, dans la Recommandation numéro 874 (article VI a), adoptée le 4 octobre 1979 par l'Assemblée du Conseil de l'Europe : "Le droit de chaque enfant à la vie, au logement, à une nourriture convenable et à un environnement adéquat dès le moment de la conception devrait être reconnu et les gouvernements nationaux devraie nt tout mettre en oeuvre pour permettre l'application intégrale de ces droits."

La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme

Signée par la France le 4 novembre 1950, publiée par décret le 3 mai 1974, elle déclare, dans son article 2 : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement sauf en cas d'execution d'une sentence capitale."

La recommandation sur l'utilisation d'embryon et de foetus humains

Dans sa recommandation 1046 du 24 septembre 1986 (point 10) sur l'utilisation d'embryons et de foetus humains, l'Assemblée du Conseil de l'Europe déclare : "L'embryon et le foetus humain doivent bénéficier en toute circonstance du respect d\endash à la dignité humaine."

Les fondements bibliques du respect de la vie

Premier livre imprimé, à la fin du XVéme siècle, la Bible demeure aujourd'hui - et de loin!- le livre le plus traduit et le plus diffusé au monde.
Le grand philosophe Emmanuel Kant a dit : "La Bible mise à la disposition de tous est le plus grand bienfait qu'ait jamais pu connaître la race humaine."
Victor Hugo écrivit : "Il y a un livre qui contient toute la sagesse humaine éclairée par toute la sagesse divine, un livre que la géné ration des peuples appelle le Livre, la Bible..."

L'aide qu'un tel livre peut nous apporter pour nous orienter dans les difficiles questions du respect de la vie ne peut être que déterminante. Les premiers mots de La Bible sont les plus significatifs à ce sujet. Celle-ci nous dit, en effet : "Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre."
Si Dieu est le Créateur du monde, les valeurs morales qui nous guident ne pourront donc pas dériver d'une opinion publique fluctuante et exposée à toutes les manipulations. Elles devront être fondées, au contraire, sur la volonté souveraine de celui qui a fixé des lois pour régir la vie sociale de l'homme comme il a déterminé celles qui gouvernent le monde physique et que les scientifiques explorent peu à peu.
La Bible se situe bien loin de l'attitude à la mode de nos jours, qui résulte d'un individualisme exacerbé et qui veut que chacun puisse définir comme il l'entend son code moral. Cette mentalité relativiste est d'ailleurs en contradiction avec la rédaction relativement récente de textes juridiques dont la valeur est reconnue comme universelle (dont ceux que nous citons plus haut) et la création de tribunaux internationaux pour juger les crimes contre l'humanité.

Ces chartes et ces institutions ne font que confirmer ce que nous dit la Bible : d'une part, la loi morale transcende absolument les subjectivités individuelles; d'autre part, il y aura un jugement : tout homme devra un jour rendre compte à Dieu de la manière dont il a ou non respecté sa Loi.
Quelle est la loi de Dieu dans le domaine qui nous intéresse ici ?
La Bible ose affirmer que l'homme a été fait "à l'image de Dieu", conférant ainsi à la personne humaine un dignité absolue. Toute atteinte à cette dignité - la plus grave étant l'homicide - est une atteinte au Créateur lui-même.
La partie des Dix Commandements portant sur les relation humaines repose sur cette inviolabilité de la personne d'autrui.
Elle culmine dans la plus import ante des lois de cette section : "Tu ne commettras pas de meurtre."
Elle est reprise et résumée par cette loi qui en est l'âme : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même."

Quant à savoir si l'enfant à naître peut être considéré comme un "prochain", c'est-à-dire si son humanité est reconnue et si sa personne est donc inviolable de droit, la Bible est d'une parfaite clarté sur ce point. De nombreux textes affirment que l'enfant en gestation est sous le regard de Dieu et que cette gestation même est l'oeuvre du Créateur souverain.
Par exemple le Psaume 139 (extraits des versets 13, 15 et 16) : "C'est toi qui a formé mes reins (...) Mon corps n'était pas caché devant toi lorque j'ai été fait en secret (...) Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient (...)"