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日志


2007/10/23

Deuil périnatal

 
  « Le deuil d'un bébé pendant la grossesse ou après, ce n'est pas le deuil du passé, comme le deuil d'un adulte, c'est le deuil de l'avenir, le deuil du futur et des projets qui viennent avec. Ce n'est pas un deuil qui se règle en très peu de temps, puisqu'on va peut-être revivre une grossesse, accompagnée d'inquiétudes et de stress. Et c'est justement à ce moment-là qu'il faudra renégocier la perte qu'on a vécue », souligne Chantal Verdon, infirmière (tiré d'un extrait de l'émission Enjeux)
 
Le deuil périnatal survient entre la 27e semaine de gestation et les 7 jours qui suivent la naissance. De nombreuses femmes canadiennes perdent leur bébé avant terme. Au Québec, en 2002, elles étaient près de 7 000.  Le deuil périnatal ou la mort du bébé est l'un des moments les plus atroces qui soient. Que ce soit la mort in vitro, la mort du nouveau-né à la naissance ou encore de graves malformations menant au décès futur du bébé, l'acceptation demeure très difficile et éprouvante. Le sentiment d'échec, la culpabilité, la colère, la frustration et la dépression sont des étapes courantes et normales que les parents devront traverser. De nombreuses études démontrent d'ailleurs que les étapes du deuil périnatal sont semblables au deuil « courant ». Quant aux réactions, elles sont diverses. L'isolement, le refus de voir le bébé ou encore l'envie de le serrer dans ses bras avant son départ sont autant de réactions qu'il y a d'humains. Il y a des femmes qui s'attribuent la mort de leur bébé en évoquant, par exemple, qu'elles n'ont pas assez bien mangé ou qu'elles ne l'ont pas assez désiré. Bref, trouver des justifications possibles pour comprendre le pourquoi de cet événement est normal et courant.
 
Si le deuil périnatal semble si difficile à résoudre, c'est qu'il est dû en grande partie par sa rapidité et la force des sentiments qui l'accompagne. Du bébé rêvé, imaginé et anticipé à la soudaineté du malheur qui frappe le couple, tout semble chimérique. Toutefois, le fait de toucher, de palper et de parler au bébé facilite le processus de guérison, mais si la femme ne le désire pas, il ne faut pas la forcer.
 
Si la réaction normale est de vouloir mettre un second bébé en route, les spécialistes soulignent qu'il faut plutôt attendre de faire le deuil de cet enfant avant de penser à concevoir à nouveau. Communiquer le plus possible avec des gens de confiance demeure primordial pour le couple éprouvé. Le soutien de la famille immédiate est aussi nécessaire. Cette dernière devra ne pas manifester de l'impatience devant les propos répétitifs de la maman ou du papa et ne pas hésiter à les aider à s'exprimer lorsque le besoin se fait sentir.
 
Genres d'interruption
 
La fausse couche
Encore mal reconnue par la société, la fausse-couche est vécue par la femme comme un sentiment d'échec et d'incapacité féminine puisqu'elle croit que son corps a refusé de mener la grossesse à terme. L'attachement entre la mère et le fotus est peu considéré et encore moins accepté puisque la croyance populaire veut que l'amour entre une mère et son fotus soit proportionnel à son poids ou sa grandeur.
 
La mort in utero
Lorsqu'il y a décès dans le ventre maternel, la mère se trouve confronté à une ambivalence entre la mort et la vie. Si sa propre perception de la mort se trouve violemment confrontée avec le décès de son enfant dans son ventre, elle peut sembler irréelle pour cette dernière puisque son rôle de porteuse de la vie est dramatiquement brisé. Si son ventre fait office de tombeau, l'enterrement qui suit est souvent très difficile.
 
Interruption de la grossesse
Lorsque le médecin annonce à sa patiente que le bébé qu'elle porte est atteint d'une trisomie ou de graves malformations qui l'amèneront tôt ou tard à son décès, le choix est très déchirant. De nombreuses questions alors envahissent l'esprit des parents. Qui est le coupable, dans son hérédité, de cette malformation? Sera-t-il toujours de même lors des grossesses à venir? On constate également une baisse de l'estime de soi, des sentiments d'infériorité vis-à-vis des autres mères, de la honte et de l'isolement voulu.
 
La mort néonatale
Moins « désorientante» et confuse que la mort in utero, la mort néonatale est perçue différemment par les parents puisque ces derniers ont pu toucher et échanger avec le bébé. Les parents passent par des étapes majeures avant d'accepter la mort de leur bébé. La première phase est le refus de reconnaître la mort, la seconde est la colère dirigée contre le conjoint, la famille ou encore contre la médecine, la troisième est l'appel à la religion ou à Dieu, la quatrième est l'installation de symptômes dépressifs et la cinquième est finalement l'acceptation de cette mort.
 
Qui est-il?
Lorsque survient la mort d'un enfant, indubitablement les parents se questionnent quant à savoir comment aurait été le bébé s'il avait été en vie. Cela peut prendre des formes vastes, et ce, compte tenu de la perte de l'enfant. Si celui-ci est né avant sa mort, les parents l'ont déjà vu physiquement et pourront davantage fantasmer sur ce qu'il aurait pu être dans 6 mois ou 1 an. Si la mère ne l'a jamais vu, elle pourra se l'imaginer et ainsi continuer le rêve d'un bébé conçu de toutes pièces.
 
2007/8/14

"Lorsque l'enfant ne paraît pas"

 

" La mort de l’enfant reste un tabou très fort, qui conduit à l’isolement des parents, explique Marie-Frédérique Bacqué, auteur de plusieurs ouvrages sur le deuil (*). D’un côté, ce sont les parents eux-mêmes qui s’isolent : pris dans un mouvement de culpabilité, ils s’autosanctionnent en se refusant au monde, en évitant d’entrer en contact avec l’entourage. Et les autres parents ont tendance à les fuir, car ils en ont peur : ils ont peur d’être touchés, émotionnellement, ou réellement, par une espèce de superstition selon laquelle la mort serait contaminante."

Nadine Beauthéac, ethnosociologue et administratrice de l’association "Vivre son deuil Parie-Ile-de-France: « On vit dans une société qui ne sait pas manier les mots du chagrin, déplore-t-elle. Et il est impudique de le faire. Passé le choc du début, les parents en deuil son amenés très vite, sous la pression sociale, à ne plus pouvoir en parler. On leur demande de faire le deuil le plus vite possible. Or le deuil d’un enfant, c’est très long, beaucoup plus long que ce que la société imagine. »
Cette accélération sociale du deuil est encore plus forte, souligne-t-elle, lorsque l’enfant décédé est un nouveau-né. « Quand au bout de quelques mois, de quelques années, les parents qui ont perdu un bébé expriment des signes de souffrance, l’entourage (qui souvent n’a pas connu l’enfant) va leur renvoyer « qu’il était si petit », qu’il faut « qu’ils l’oublient », et qu’ils « tournent la page ». (…)
Un travail qui peut se faire seul, mais aussi et de plus en plus avec l’aide des autres. « Ce qui peut permettre d’aller plus vite, souligne Nadine Beauthéac. Car il est terrible de se dire que des souffrances ont pu se taire si longtemps. Telles celles de cette mère, venue récemment se présenter à "Naître et Vivre" en disant : « J’ai perdu mon bébé il y a vingt ans : il avait 3 mois… » »

"Lorsque l'enfant ne paraît pas"

Entretien avec Muriel Flis-Trèves, Madame Figaro, mars 2001

« Les grossesses qui finissent mal ? Un sujet tabou dans notre société qui a tendance à oublier la souffrance des femmes. La psychiatre et psychanalyste Muriel Flis-Trèves rompt le silence :

Dans le service où je travaille comme psychiatre et psychanalyste, à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, je suis tellement souvent confrontée à la souffrance de ces femmes qui perdent en cours de grossesse le bébé qu'elles attendaient ! (…)
Quand l'un de vos proches meurt, vous avez d'ordinaire des éléments auxquels vous raccrocher, un corps à honorer, des traces matérielles à explorer, des souvenirs à cultiver. Mais que reste-t-il d'un enfant jamais né, jamais tenu dans les bras, jamais caressé. (…) C'est non pas le deuil d'un passé que l'on est appelé à faire, mais bien le deuil de tout un avenir.

- Vous parlez de blessure narcissique .
(…) Parce que perdre ce bébé, c'est aussi, surtout pour les femmes qui sont enceintes pour la première fois, se voir refuser l'accès à une nouvelle identité sociale, celle de mère de famille, la qualité qui fera enfin d'elles les égales de leurs mères. (…) Et puis, cette mort qui intervient au sein même de leur propre corps, c'est un peu la leur, certaines femmes la vivent vraiment comme une mutilation. (…)

- D'autant plus douloureusement ressentie que ce bébé en pointillé, elles ont déjà fait sa connaissance !
Vous avez raison : les progrès de l'imagerie médicale permettent une personnalisation précoce du fœtus impensable jusqu'ici. (…) L'image échographique ornera la première page de l'album de bébé. Même si elle doit rester le seul et unique souvenir de son passage sur la terre.- D'autant plus douloureusement ressentie que ce bébé en pointillé, elles ont déjà fait sa connaissance !
Vous avez raison : les progrès de l'imagerie médicale permettent une personnalisation précoce du fœtus impensable jusqu'ici. (…) L'image échographique ornera la première page de l'album de bébé. Même si elle doit rester le seul et unique souvenir de son passage sur la terre.

- Cette souffrance de la mère confrontée au brusque arrêt de sa grossesse est, selon vous, d'autant plus lourde à porter qu'elle est niée par l'entourage.
Oh, ce n'est pas méchanceté, bien au contraire ! Les proches pensent qu'en n'en parlant pas, en faisant comme si rien ne s'était passé, ils éviteront de remuer le fer dans la plaie. Ou alors, ils abreuvent la jeune femme de paroles lénifiantes, du style : " Ce n'est pas grave… Tu en auras d'autres… Tu sais, ça arrive tout le temps… D'ailleurs, moi aussi… ". Ce qui n'est pas faux, puisqu'on estime à 15%, voire à 20% ou 25%, le nombre de grossesses qui débouchent sur un avortement spontané. Mais les femmes vivent très mal ce silence qui rend encore plus douloureux leur chaos intérieur.

- Elles ont en plus à faire face à l'indifférence du corps médical ?
Sinon à l'indifférence, peut-être à une certaine négligence. (…) Trop peu de maternités sont prêtes à accueillir aussi bien la mort que la vie.

- De nos jours, quand une femme fait une fausse couche, on lui en donne une justification médicale : c'était un œuf clair (non fécondé), un fœtus porteur d'une anomalie… N'est-ce pas pour elle un apaisement ?
Sans doute, dans la grande majorité des cas, était-ce là un enfant qui n'aurait pas vécu de toute façon. Reste que certains avortements spontanés restent inexpliqués, que d'autres sont dus à des grossesses mal suivies ou négligées, d'autres encore à des chocs affectifs. Une histoire personnelle ou familiale compliquée, des relations difficiles avec sa mère ou son conjoint, un désir d'enfant ambivalent, tout cela joue à l'évidence sur le bon déroulement de la grossesse. Mais l'essentiel, ce sont moins les causes objectives de la fausse couche que le sens qu'on lui attribue : telle jeune femme, enceinte pour la première fois, sera persuadée d'être à jamais stérile quand telle autre se consolera en se disant qu'au moins elle ne l'est pas ! Le plus inquiétant, c'est bien sûr de vivre des fausses couches à répétition sans trop comprendre pourquoi.

- Là, on ne fait pas l'économie d'une certaine culpabilité ?
Elle n'est pas réservée à ces cas-là. Nombre de femmes que je vois en psychothérapie expriment le sentiment que leur fausse couche les punit de quelque chose : certaines accusent une IVG pratiquée des années plus tôt, quand elles ne se sentaient pas encore prêtes à assumer une grossesse ; d'autres, leur âge - " Ah ! Si j'avais moins attendu… "-, leur activisme professionnel, une pratique sportive excessive, le fait d'avoir continué à fumer… (…)

- La souffrance d'une femme qui perd un enfant avant la naissance est-elle d'autant plus grande que la grossesse est plus avancée ?
Difficile d'établir une hiérarchie dans la douleur, mais la mort in utero- ce terme est réservé à la mort dans le ventre de sa mère d'un fœtus de plus de 22 semaines- est terriblement traumatisante (…). Mais même une fausse couche précoce peut être très mal vécue, dans la mesure où elle signe la perte de l'enfant rêvé.

- Comment aider toutes ces femmes à effectuer leur " deuil de maternité ? "
D'abord en leur permettant d'en parler. On a toujours tendance, quand une pensée douloureuse vous agrippe, à presser le pas pour s'en éloigner le plus vite possible, dit Kundera dans " La Lenteur. " »

  

Les étapes

 

Le travail de deuil est l’expression employée pour évoquer le travail psychologique progressif d’une personne après la perte d’un être cher. Il s’agit d’un cheminement long, difficile et douloureux. Chacun franchit les différentes étapes à son rythme, en fonction de son passé, de son histoire, de ses ressources personnelles.

- La période de choc

Après la perte d’un être aimé, le survivant est en état de choc : il est sidéré, abattu.

A l’annonce du décès, la première réaction est le refus ou le déni : la personne se dit que ce n’est pas possible, qu’il y a une erreur. Elle refuse de croire et d’accepter la disparition de la personne décédée.

La personne en deuil vit de façon automatique, sans être vraiment présente. Elle peut éprouver une grande difficulté à réfléchir ou à prendre des décisions.

Elle peut aussi sentir une certaine distance par rapport à l’entourage.

- La période de désorganisation

Cette phase commence lorsque la personne en deuil prend conscience de la souffrance et du vide laissés par la perte. La tristesse et le désespoir apparaissent. Tout semble dérisoire. La personne envisage l’avenir avec crainte : elle n’a plus goût à rien. Peu à peu, elle s’isole du monde extérieur. Ce repli sur soi peut entraîner un ralentissement des activités intellectuelles (par exemple perte de la mémoire).

La douleur morale est essentiellement liée à un sentiment d’abandon, de solitude et de manque. La vie a basculé. Ce qu’il faut retenir, c’est que cette phase de désorganisation est "normale". En effet, la douleur morale est l’expression et la conséquence du travail de désinvestissement qui s’opère nécessairement après la perte d’un être aimé.

Ce désinvestissement s’effectue de la manière suivante. Chaque souvenir, chaque image sont remémorés et associés à l’idée de perte et de disparition. Ce processus s’accompagne d’un désintérêt pour le monde extérieur, d’une absence d’élan, de goût pour la vie et parfois de l’idée ou du désir de mourir (même s’ils ne sont pas exprimés verbalement).

- La période de réorganisation

Cette période commence lorsque la perte est acceptée, reconnue en tant que telle. C’est la période de reconstruction de soi : la personne est capable de se tourner vers l’extérieur, de créer de nouveaux liens et de retrouver goût à la vie.

Cette période n’est pas acquise une fois pour toutes, elle peut être perturbée par un anniversaire ou un événement fortuit.

Cette réorganisation ne peut se faire sans l’aide des autres. Les personnes ont besoin d’un appui, d’une bouée pour refaire surface. Or, on constate, dans la société contemporaine, une grande solitude et une difficulté à exprimer et à partager une peine.

Afin que le travail de deuil puisse s’effectuer dans les meilleures conditions, il est important que l’endeuillé puisse voir le corps de la personne décédée, cela permet d’intégrer la réalité de la mort. Dans le cas de disparition tragique du corps, le travail de deuil sera plus long et plus difficile.

Le milieu du travail ou la simple exécution des obligations habituelles, qu’elles soient professionnelles ou familiales, peuvent aider à maintenir un certain cadre de vie, mais, peu à peu, la solitude peut se faire sentir, et le besoin apparaît de s’appuyer sur les autres.

 

VOUS AVEZ LE DROIT DE:

   pleurer si vous en éprouvez le besoin. Ne bloquez pas vos émotions

  • accordez-vous le temps d’avoir du chagrin,

  • souvenez-vous que le chagrin doit suivre son cours normal : on ne peut le bousculer ou en faire l’économie,

  • acceptez l’aide des autres mais ne les laissez pas vous persuader que vous devez faire des choses avant que vous ne vous sentiez prêt à les faire,

  • prenez soin de vous. Mangez convenablement et consultez le docteur au moindre souci de santé,

  • autant que possible, maintenez une "routine" de vie normale et évitez des changements majeurs au cours de la première année,

  • vivez au jour le jour quand vous vous sentez déprimé,

  • avec le temps qui passe, soyez disponible pour entamer de nouvelles activités et faire de nouvelles connaissances.

  • Parlez, faites vous aider par des personnes formées à cela.

  • Priez et confiez vous en Dieu à lui vous pouvez confier toutes vos peurs, souffrances, craintes, il est une oreille attentive.